INSÉCURITÉ DANS LE SUD: LES MILITAIRES DU BIA EN OFFENSIVE, 15 MALASO ABATTUS

Texte: Riana Raymonde Randrianarisoa

Photos: BIA ( Ihosy)/ Archives/ SICA-EMGAM/   

Le 30 août dernier, tard dans la soirée, 30 commandos d’élites du Bataillon Interarmes de l’Armée malgache ou le BIA, basé à Ihosy ont mené une opération de récupération des bovidés volés, dans le village d’Anolaka, fokontany d’Andranomanga, district d’Iakora, Région Ihorombe. Le lendemain, 1 septembre, sept accrochages mortels  entre les militaires et quelques 200 voleurs armées des fusils de chasse,  ont eu lieu, du  6 heures du matin jusqu’à 19 heures. 13 heures d’échanges de tirs ont coûté la vie aux 15 bandits, selon, une source officielle auprès du BIA. Aucun mort n’est enregistré auprès des militaires.

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Il a fallu, 12 heures de marches pour les militaires pour rejoindre le fokontany, d’Andranomanga où il y a eu le vol de bœufs.

Cette intervention a fait suite à une attaque, perpétrée par une association de (200) malfaiteurs dans le dit village, dans la matinée du 30 Août. Ces derniers ont pris 400 têtes de bœufs et ils ont incendié 80 toits. Ils ont laissé derrière eux, quelques 160 familles sans abris.

 » Face à cette situation, j’ai appelé personnellement, les forces de l’ordre, pour demander de l’aide. Nous sommes  en situation de désespoir. Nous sommes en situation de faiblesse face à une bande organisée. Les malaso ont pris nos économies, nos bœufs. ils ont brûlés nos habitations », témoigne un proche de la victime, joint au téléphone, sous couvert de l’anonymat par peur de représailles et de vengeance. Une information confirmée par le commandement du BIA:  » Nous sommes informés par la famille des victimes et par le député élu à Iakora. Une fois, avisé, nous avons envoyé 30 éléments sur

place« .

La poursuite a commencé tard dans la nuit du 30 Août. Une fois, arrivés sur place, un comité d’accueil des Dahalo tire sur des militaires. Ces derniers sont pris dans un guet-apens,  mais plus stratèges que leurs ennemis, les commandos ont surpassé le premier obstacle.  » Nous avons pu avancer doucement, mais très prudents car les dahalo ont l’avantage de terrain et en surnombre. De plus, ils ont aussi adopté des stratégies offensives, d’où nous avons du faire face à six autres embuscades avant de maitriser la situation. Vers 18 heures du soir, le 1er septembre, nous étions encerclés par une centaine des Dahalo. Mais, l’endurance et notre détermination de vaincre nous donnent la force d’avancer. D’ailleurs, notre mission, selon l’ordre de nos supérieurs hiérarchiques  a été claire :  récupérer les bovidés volés « ,  explique le lieutenant Joseph Gervais Henri MIANDRY, chef de mission à Anolaka, Andranomanga.

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Les militaires ont fait 40 kilomètres à pieds avant d’affronter directement des malaso bien armés et déterminés à défendre aussi leurs butins et leurs terrains       (c)Photo BIA Ihosy

 

 » Cette association des malfaiteurs regroupent des bandits venant de Begogo, dirigé par un certain Rekapo et ceux de Betroka sous le commandement d’un certain Retety. Tous les deux sont reputés dangereux et les plus recherchés des forces de l’ordre depuis plus d’une décennie. Ce n’est pas étonnant « , poursuit l’officier, dans son interview.

Des traces de sang … à chaque 100 m

Selon, les informations recueillies auprès de la population locale et des sources à Iakora, les militaires  ont tout fait pour maitriser la situation à leur faveur.  » Officiellement le nombre des morts est de quinze ( 15), mais nous pensons qu’il y aurait plus de tués et des blessés car, il y a des traces de sang partout c’est à dire sur les lieux des accrochages, on peut dire à chaque 100 ou 200 mètres. d’ailleurs, il est difficile de vérifier les informations sur le nombre exacts des morts« , témoigne un habitant.  » Un geste courageux et satisfaisant pour nous car vivre dans un endroit très reculé comme Iakora et ses communes ou ses fokontany n’est pas facile. on vit avec une peur permanente« , poursuit-il.

«  Pour le moment, nous confirmons le nombre de quinze. Comme il fait jours, nous avons vu de nos propres yeux, ceux qui sont tombés sous nos balles. Dire le contraire serait un mensonge« , insiste le chef d’éléments.  » Nous étions très prudents et très professionnels face à des adversaires de taille et plus nombreux. vous savez que les malaso dans cette région n’ont pas de pitié. Voyons l’histoire, en 2010-2012 à l’époque de Remenabila, ils ont tués sauvagement des militaires et ont défié même l’État », explique le Lieutenant Joseph Gervais Henri Miandry.

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Le lieutenant Joseph Gervais Henri Miandry

Un éternel recommencement

Les attaques meurtrières suivies des accrochages entre les militaires et les malaso, ne sont plus des questions d’actualités. La situation dépend toujours de la conjoncture politique qui prévaut à Madagascar. Le maire de la commune rurale de Begogo, Soja Renault, interviewé par l’équipe de mada24.net, à Iakora, lors de sa dernière visite l’année, dernière, a expliqué que les vols de bœufs ne revêtent pas seulement des caractères criminels, mais un autre soulèvement populaire ou de rébellion.  » Nous ne sommes pas des criminels, nous sommes des patriotes qui n’acceptent pas la mauvaise gouvernance. nous en avons marre des pauvretés », a -il- expliqué dans cette interview. Une question se pose: est-il aussi un malaso? la réponse est probablement positive, vu que son nom figure jusqu’à maintenant sur la liste rouge des forces de l’ordre, depuis l’opération Fahalemana en 2015.

Par ailleurs, le chef de l’Etat Major Malagasy, le général de corps d’Armée, Lantoarinjaka Razafindrakoto annonce à maintes reprises, que l’Armée Malagasy doute forte l’implication des hauts responsables politiques dans ces actes de banditismes, visant à défier l’autorité de l’État.

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L’hélicoptère du BIA a survolé les zones d’intervention, le 30 Août dernier pour faciliter les interventions terrestres
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Les militaires ont mis la main sur des « gris-gris », utilisés par des voleurs de bovidés
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Les sept accrochages entre les Malaso et les militaires ont eu lieu sur des terrains dangereux et strategiques
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Les militaires du BIA
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« Quand nous avons des armes puissantes, des munitions suffisantes, nous pouvons gérer cette situation dans le sud », confirme le lieutenant Joseph Gérvais Henri Miandry

La suite de cette affaire d’Anolaka est à suivre de prés!

Notons que le Bataillon Interarmes de l’Armée malgache ou le BIA, basé à Ihosy est actuellement commandé par le colonel  Rakotozafy Andrianjaozy Derandrainibe. Plus de 200 éléments sont en détachement permanent, mais en cas de besoin, des renforts sont prêts à intervenir.